Grottes de Lascaux II

Grottes de Lascaux II

Située en Dordogne près du village de Montignac-sur-Vézère, cette cavité de dimension moyenne, pour la région, se développe sur environ 200 m et se compose dʼune alternance de salles plus ou moins circulaires et de galeries-couloirs.

Conditions de la découverte

La grotte et ses premières figurations pariétales sont découverts en 1940. Des travaux y furent effectués, et feront classer la grotte Monument Historique en décembre 1940, grâce aux conditions exceptionnelles de conservation.

Les débris organiques trouvés dans la grotte ont été datés dʼenviron 15 000 ans avant J.C. ce qui sʼaccorde avec les très nombreux vestiges recueillis, attribuables à une phase ancienne du Magdalénien. Les peintures proprement dites nʼont pas pu, jusquʼà présent, être directement datées par les méthodes physiques. On a retrouvé dans le sol de nombreux morceaux de charbons de bois, des lampes à graisses, des pointes de sagaies, des outils en silex dont certains ont pu servir à graver et quelques ossements dʼanimaux.

Toutefois lʼétude de ces vestiges a montré que cette grotte nʼa jamais été habitée.

Après la dernière guerre mondiale, la grotte est aménagée en vue de son exploitation touristique. De 1948 à 1963, un million de visiteurs se succèdent. Cette affluence rompt lʼéquilibre naturel de la cavité et on voit apparaître sur les parois des algues et des bactéries appelées « maladie verte », ainsi que de la calcite, « maladie blanche », qui est une recristallisation de la paroi rocheuse.

En 1963, la grotte ferme. Il faudra plusieurs années pour enrayer les processus de dégradations et rétablir les conditions favorables à sa conservation. Lascaux est sauvée mais seuls des spécialistes sont autorisés à y pénétrer.

Création de Lascaux II

Afin de répondre à la demande du public, la réalisation dʼune reproduction est décidée. Le fac similé est situé sur la même colline que la grotte originale et enfouie dans le sol : il reproduit la Salle des Taureaux et le Diverticule Axial, ce qui représente 90% des peintures de l’original. Deux « sas muséographiques » retracent lʼhistoire de la grotte et expliquent les techniques des artistes.
Ainsi le premier touriste entra dans Lascaux II en juillet 1983.

Cʼest une prouesse technologique unique au monde. Une grande rigueur scientifique et artistique ont permis de recréer lʼatmosphère incomparable de la cavité originale : coque en ferro-ciment bâtie à lʼimage des constructions navales, reliefs restitués dans les moindres détails, peintures polychromes exécutées comme il y a 17 000 ans avec des colorants naturels.

L’art de Lascaux

Les fresques représentent de nombreux animaux, des chevaux, des taureaux, des cerfs, des bouquetins, mais aussi des félins, un ours, un rhinocéros et même une figure fantastique communément appelée « la Licorne ».

Ces réalisations sont également accompagnées de signes énigmatiques : traits, bâtonnets, crochets, barbelés, quadrangulaires et ponctuations. On ne connaît pas leur signification et leur interprétation a suscité de nombreuses hypothèses.
Le bestiaire comporte environ 600 animaux qui témoignent dʼune grande originalité graphique et artistique.
Dans la salle des Taureaux, des cerfs et des chevaux de petite taille sont peints à côté dʼimposants taureaux, lʼun dʼeux mesurant plus de 5 mètres de long.

Les techniques picturales employées sont très élaborées et de nombreux animaux semblent en mouvement. Certaines attitudes comportementales sont exprimées, comme lʼaffrontement, ou la marque du territoire.

 

crédits photos : MCC-CNP, Cliché D.R